Azur entreprises et commerces - 117 : Mai-Août 2017

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Il manquait quelqu'un qui puisse parler les deux langues : celle des chercheurs et celle des entrepreneurs. C'est ce que nous avons voulu apporter à partir de 2014 avec le dispositif RUE

Stéphane Godier, président de l'association Recherche et avenir

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Innovation

Rapprochement entreprise-recherche, comment et pourquoi ça marche ?

Le dispositif européen RUE favorise le rapprochement entre labos de recherche et entreprises, une initiative qui comporte son lot de success stories sur la Côte d'Azur.

Comment transformer en innovation pour les entreprises, la puissance d'une recherche publique française dont l'excellence est internationalement reconnue ? Comment rapprocher le monde académique de celui des entreprises et mettre le temps long des chercheurs en prise avec le temps court de la mise sur le marché d'un produit ? C'est à ces questions que répond le dispositif européen RUE (Rapprochement Université Entreprises) porté sur la Côte d'Azur par Recherche et avenir. Présidée par Stéphanie Godier, l'association a su apporter un maillon supplémentaire dans la chaîne de l'innovation : en amont des SATT (Société d'Accélération du Transfert des Technologies), et au contact direct des équipes de recherche, elle fait le lien entre les besoins des entreprises en matière d'innovation et les travaux engagés dans les laboratoires des Alpes‑Maritimes. Un ticket qui s'avère gagnant. Son efficacité ? Ce sont les entreprises qui en témoignent le mieux.

Comment Data Moove est passé d'un projet de R&D à un véritable produit


Co‑fondateur de l’entreprise à Sophia Antipolis, Frédéric Bossard est devenu un inconditionnel. « Grâce à Stéphanie Godier, Data Moove est passé d'un projet européen de R&D à un véritable produit. A la base, nous voulions créer un outil qui permette aux touristes comme aux citoyens d'accéder à la bonne information, au bon moment et au bon endroit. Pour cela, notre équipe travaillait sur une concaténation de flux de données. Nous avons alors été mis en relation avec Eurécom à Sophia Antipolis : une de ses équipes de R&D avait déjà engagé une recherche sur ce sujet. Pour le dirigeant de Data Moove, non seulement, nous avons alors pu bénéficier des travaux d'Eurécom et gagner ainsi des années de R&D, mais l'école d'ingénieurs en sciences du numérique est entrée à 10 % dans le capital de la société et nous avons, de notre côté, pu intégrer un programme européen d'EIT Digital. C'est ce qui a permis à notre projet de déboucher rapidement sur un produit. Pour ma part, je me suis toujours consacré au marketing. Mon but c'est de vendre et de formater un projet. Pas de faire de la R&D. Je rends aussi hommage à Raphaël Troncy, le chercheur d'Eurécom avec qui nous travaillons, pour sa vision à la fois de chercheur et de businessman ainsi qu'à Stéphanie Godier qui a assuré la liaison. »

Dans un autre domaine, celui de la santé, Pronutri a pu bénéficier des recherches menées par le Laboratoire de PhysioMédecine Moléculaire de l'UNS (Université Nice Sophia) pour développer une formule de complément alimentaire permettant de diminuer les effets secondaires des traitements du cancer par chimiothérapie.

« L'UPE 06 nous a mis en relation avec Stéphanie Godier. Parfaitement au courant des recherches menées dans le monde académique, elle nous a rapproché du laboratoire qui a été un des premiers à s'attacher aux effets secondaires des chimiothérapies (perte des cheveux, problèmes neurologiques) », explique Amalric Veret, dirigeant de Pronutri‑activa à Carros. « C'était le modèle idéal. Nous avons démarré le partenariat en embauchant un doctorant en temps partagé. Nous avons pu obtenir une bourse CIFRE, permettant de porter le doctorant sur une période de trois ans. Sa recherche devrait être sanctionné par une publication scientifique tandis que le travail engagé depuis 2 ans s'est révélé extrêmement positif et débouchera sur un produit. »

Une mise en relation efficace et bien ciblée


Emblématique PME grassoise, Tournaire a pu de son côté accélérer la mise en route d'une nouvelle activité par l'intermédiaire de RUE. « La société fabrique des emballages en aluminium pour la parfumerie et il faut s'assurer qu'il n'y a pas d'interférence entre les produits (huiles essentielles, parfums, matières premières) et l'emballage », explique Bertrand Darrentières, responsable R&D. D'où un besoin de tests de compatibilité. « Alors que nous envisagions la création d'un nouveau service dans ce domaine, un client nous a demandé une étude de compatibilité. Nous n'avions pas les machines de chromatographie nécessaires mais Sophie Godier nous a mis en relation avec le laboratoire de l'université ERINI à Grasse, qui disposait du matériel et des compétences et avec lequel nous avons pu monter cet essai et démarrer l'activité. »

D'autres exemples témoignent de ce que peut apporter une mise en relation efficace et bien ciblée entre recherche et entreprises. Ainsi Axonic à Sophia Antipolis a collaboré avec l'I3S pour le développement d'une plateforme électronique implantable de neurostimulation évoluée, dispositif à la fois communicant et mutualisable. NFcom, à Nice, a travaillé avec Inria via le Labex UCN pour son application mobile destinée à connecter les stades et les centres d'exposition. Ou encore Norma Color (Sophia) a pu faire équipe avec des étudiants de SKEMA pour lancer son village graphique.

Savoir parler les deux langues  : celles des chercheurs et des entrepreneurs


La force de RUE ? La connaissance des deux mondes, université et entreprises. « Il manquait quelqu'un qui puisse parler les deux langues : celle des chercheurs et celle des entrepreneurs. C'est ce que nous avons voulu apporter à partir de 2014 avec le dispositif RUE », note Stéphanie Godier. « Si les entreprises ont pris l'habitude de travailler avec les écoles d'ingénieurs, ce n'est pas encore le cas avec les universités. À partir de l'expérience du terrain, nous nous sommes aperçus qu'il fallait partir d'abord des besoins de l'entreprise et aller chercher dans les laboratoires le chercheur qui peut y répondre. C'est ce que nous faisons. »

Ainsi, RUE a qualifié 130 entreprises afin d'identifier leurs besoins avec, en regard, une cinquantaine d'équipes de laboratoires. De quoi assurer de nouvelles success stories avec la perspective d'un déploiement national pour un dispositif qui a désormais fait ses preuves sur la Côte d'Azur.

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