Azur entreprises et commerces - 122 : Mai-Juin-Juillet 2018

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Laure-Carladous.jpg Laure Carladous © Rédaction

Notre secteur est depuis longtemps habitué aux cycles. Nous devons donc rester vigilants sans tomber dans le pessimisme et accompagner résolument ces signes encourageants de reprise.

Laure Carladous

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interview

Laure Carladous : une femme à la tête du BTP azuréen

Codirigeante du groupe familial azuréen Spada Construction depuis 1988 après une carrière dans l'international dans le domaine de la géotechnique et des fondations, membre de la CCI Nice Côte d'Azur et de la CCI régionale PACA, c'est une femme engagée dans la vie économique.

Signe des temps, une femme a été élue à l'unanimité Président de la Fédération du BTP 06 succédant ainsi à Philippe Gautier. Une première dans l'histoire de la fédération azuréenne et même au niveau de la région Provence Alpes Côte d'Azur ! Mais Laure Carladous n’est pas une inconnue dans ce secteur d’activité réputé très masculin.
Centralienne et diplômée d’un Master en géotechnique du MIT, elle a effectué une partie de sa carrière professionnelle à l’international pour le compte du Groupe Soletanche Bachy, notamment aux USA et en Corée, avant d’intégrer en 1998 l’entreprise familiale SPADA qu’elle codirige actuellement avec son frère. Laure Carladous a intégré la fédération en tant que secrétaire du bureau, lors de l'élection de son prédécesseur il y a 3 ans. Elle siège également, en qualité de membre élue, à la CCI Nice Côte d'Azur et à la CCI Régionale Provence‑Alpes‑Côte d'Azur.


Dans le 06, le BTP représente 22 300 salariés, 2 200 emplois en intérim, 5 000 entreprises, quelque 8 000 mises en logement par an et un chiffre d'affaires de 3 milliards d'euros. Sa présidence s’ouvre sur des signes incontestablement positifs.   Dans le bâtiment, les indicateurs sont au vert » reconnaît‑elle. Le logement neuf a connu une progression notable de 21 %. La situation est identique dans le bâtiment non résidentiel dopé par le développement des zones d'activité : 76 % de surface mise en chantier (250 000 m²) et 35 % de surface autorisée.
Mais ces bons résultats doivent être relativisés. « Dans le logement neuf, on revient à peine au niveau de 2012 et le logement neuf privé enregistre une baisse des ventes sur les derniers mois. Par ailleurs, les prix de vente, restés stables jusqu’à la mi‑2017, recommencent à augmenter, ce qui risque de dissuader les acquéreurs potentiels. Autre point noir, les investisseurs attendent une clarification de la fiscalité immobilière. De la même façon les chiffres dans le bâtiment non résidentiel correspondent à peine à la production de 2015 ».


Les entreprises de travaux publics doivent quant à elles faire face à une évolution structurelle de leurs marchés, « avec la perte du quart de volume d’affaires depuis 2008 qui les conduit à s’intéresser à des projets en dehors des Alpes‑Maritimes et pour certaines à diversifier leur activité : en particulier dans le recyclage et le traitement des déchets », souligne Laure Carladous. « Il est vrai que notre secteur est depuis longtemps habitué aux cycles. Nous devons donc rester vigilants sans tomber dans le pessimisme et accompagner résolument ces signes encourageants de reprise ». Pour cela, le président a fixé dans son mandat 4 priorités.


En premier lieu le retour aux marges en favorisant le mieux disant et en luttant contre la concurrence déloyale. « Dans notre métier, lorsque nous fixons un prix nous le faisons d’après des plans d’architecte. Or, nous savons que des aléas peuvent générer des hausses que nous ne pourrons pas répercuter. Nous avons un travail de sensibilisation à mener auprès des maîtres d’ouvrage, des maîtres d’oeuvre et des architectes pour revenir à des devis plus en rapport avec la réalité. La période de crise que nous avons vécue a favorisé une baisse généralisée des prix. Il faut savoir que le taux de marge de nos entreprises dans le 06 avoisine souvent 1 % ! Une situation qui pénalise les entreprises mais également le client avec de possibles dépôts de bilan. Si l’on ajoute à cela des délais de paiement trop longs malgré la loi, et une concurrence déloyale notamment en raison du détachement illégal, ou du travail dissimulé, nous devons mettre en place plus d’échanges avec les différents acteurs de la filière pour que chacun explique les difficultés qu'il rencontre et pour avancer au bénéfice de tous ».


Deuxième axe, le lobbying et les échanges. « Il faut que nous accompagnions au niveau local la Fédération Nationale pour faire mieux entendre nos revendications et nos besoins auprès des acteurs politiques locaux et nationaux. Certaines lois freinent notre activité en matière de pénibilité, de droit du travail, etc. Au niveau interne, nous devons également dialoguer avec nos partenaires sociaux pour adapter notre secteur d’activité aux nouveaux enjeux ».


Troisième volet d’action, la transition numérique et les questions de développement durable. « Un grand nombre de nos entreprises ont déjà commencé à prendre en compte ces sujets dans leur organisation et leur fonctionnement. Mais nous ne devons laisser personne à la traîne dans l'application des nouvelles technologies ou des normes environnementales, notamment les TPE qui n’ont pas forcément les moyens humains ou financiers pour intégrer de nouveaux logiciels ou les contraintes environnementales. Nous devons les aider et pour cela mettre en place, avec les organismes de formation continue avec lesquels nous travaillons déjà, des formations spécifiques ».


Dernier axe, l’optimisme actif. « Il faut arrêter de se plaindre, et relever les défis. Nous avons des métiers et des entreprises formidables. A nous de les faire encore mieux connaître, notamment auprès des jeunes pour leur donner l’envie de nous rejoindre. Le BTP rassemblent une myriades de métiers aussi passionnants que différents. Nous avons besoin, outre les ouvriers spécialisés ou les chefs de chantier, d’ingénieurs, de comptables, etc. A nous de savoir transmettre la passion de bâtir qui nous anime ».


Le mot de Laure Carladous

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