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Dans le tourisme comme ailleurs, internet a permis un grand développement. Alors, comment s’adapter ? Le groupe de travail sera le moyen de faire émerger les solutions.

Michel Tschann, Membre élu CCI et Président du syndicat

En vidéo : conférence sur l'uberisation de l'économie

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Focus

« Uberisation » de l’économie : un groupe de travail à la CCI

Mode novateur de consommation, de fabrication et d’échanges, l’économie de partage a pris une dimension sans précédent.

« L’uberisation » et l’émergence rapide d’une économie de partage est‑il une menace, une opportunité pour les entreprises azuréennes, notamment dans le tourisme : hôtellerie et transport de personnes en tête ? C’était l’un des sujets abordés par l’assemblée générale de la CCI en septembre dernier, qui a décidé de créer un groupe de travail sur le sujet. Porté par la démocratisation du haut débit, des smartphones et de la géolocalisation, rappelons que le terme d’« uberisation » est un néologisme formé à partir du nom d’Uber, la fameuse société de transport californienne qui a défrayé en France la chronique économique et sociale ces derniers mois lors de son bras de fer avec les taxis.


Son principe ?

De nouvelles plates‑formes en ligne, le plus souvent des applications, qui mettent en relation des travailleurs free‑lance et leurs clients sans passer par les intermédiaires classiques et qui se rémunèrent généralement à la commission. En deux mots, le consommateur devient aussi un entrepreneur : on passe du BtoB au CtoB... Un système qui joue à la fois sur la rapidité, la facilité d’accès et la sélectivité des services. En s’appuyant sur la technologie, notamment par la géolocalisation et les systèmes de notes et d'appréciation présents sur toutes les plates‑formes. Sans oublier bien sûr, l’argument du prix : fixé à l’avance, il est présenté comme plus compétitif que ceux des services dits « traditionnels »... ce qui est pourtant loin d’être toujours exact.


Le risque?

 L'économie à la demande risque d'anéantir bon nombre d’entreprises et donc bien plus d'emplois qu'elle ne va en créer, contribuant à une précarisation du marché du travail. Reste que selon les experts du cabinet Deloitte, qui la détermine comme l’« économie à la demande », elle devrait peser 100 milliards de dollars d'ici trois ans. Aujourd’hui, plus de 9000 start‑ups composent le marché mondial de la consommation collaborative. La France apparaît comme l’un des leaders au niveau mondial tant au niveau du chiffre d’affaires que par la diversité de l’offre, même si les leaders sont anglo-saxons. Le ministre de l’économie entend d’ailleurs faire surfer la croissance française sur la vague de l'ubérisation, avec une future loi baptisée " Nouvelles opportunités économiques ", ou " Noé ". Car les consommateurs et les clients changent radicalement leurs comportements sous l’effet de l’émergence de ces nouveaux arrivants qui touchent rapidement tous les secteurs économiques. Outre Uber, on peut citer parmi les grands acteurs du mouvement ces fameuses «licornes» que sont la pépite française - leader mondial du covoiturage - Blablacar (qui vient de lever 200 millions de dollars), ou «l'hôtelier sans hôtels» Airbnb, devenu premier logeur mondial avec 1,5 million de chambres. Créé en 2008, 17 millions de personnes ont réservé leur hébergement sur sa plateforme durant les dernières vacances d’été, avec un pic d’affluence le 8 août, où près d’1 million de personnes ont été hébergées par des hôtes d’Aibnb. 


Et sur la Côte d’Azur ? 

Tous les secteurs économiques azuréens sont déjà ou seront impactés. En particulier nautisme, logistique, services à la personne, restauration, communication, banque et donc, transport et tourisme. « C’est pourquoi il est essentiel que nous puissions observer, mesurer et analyser les impacts dans tous les secteurs d’activité et que nous définissions un plan de sensibilisation et d’accompagnement des entreprises des Alpes‑Maritimes pour faire face à ces enjeux majeurs », souligne Bernard Kleynhoff, Président de la CCI, qui a donc mis en place un groupe de travail sur le sujet. 


Parmi les élus CCI qui en font partie, Michel Tschann Président du syndicat des Hôteliers de Nice : « L’ubérisation c’est un phénomène qui concerne d’abord le tourisme, et qui se répand aujourd’hui un petit peu partout. Ca répond quand même à une vraie demande, qui n’est pas nouvelle : les locations touristiques, cela a toujours existé. Simplement là comme ailleurs, internet a permis un grand développement. Alors, comment s’adapter ? Le groupe de travail sera le moyen de faire émerger les solutions. Pour moi il faut mettre en avant ce qui est notre force dans les hôtels : le service, la sécurité, la garantie d’avoir toujours un responsable en face de soi, et puis il faut vraiment innover sur des nouveaux produits, sur des services collaboratifs, en privilégiant l’échange et les rencontres. Nous avons beaucoup de travail à faire là‑dessus, mais c’est vrai, comme pour les taxis, cela nous oblige à nous remettre aussi en question, et pas simplement à tout attendre de l’Etat.».


Jouer la carte du service ?

Autre exemple, dans l’immobilier : Frédéric Pelou, Président de la FNAIM rappelle qu’en France, sur l’activité de la location saisonnière, un professionnel ne peut pas accepter un acompte de réservation plus de 6 mois avant le début de la location. « Ce qui interdit la location d’une année sur l’autre. Entre six mois et un mois avant la location, un professionnel ne peut pas accepter un acompte supérieur à 25 % du prix total. Un particulier qui loue son logement saisonnier n’a aucune de ces contraintes ! Il peut prélever la totalité du prix un an à l’avance. La Loi organise donc une concurrence déloyale entre les opérations entre un particulier et celles avec un professionnel. Le service de type Uber va surfer sur cette distorsion pour s’implanter dans ce domaine. Par contre, les professionnels en place offrent en général beaucoup plus qu’une simple mise en relation : des vraies garanties au locataire comme au propriétaire. Nos services : voilà ce qu’il faut valoriser. En parallèle, les professionnels en place doivent également s’unir pour concurrencer les services de type Uber sur leur propre terrain. Exemple, en location saisonnière : mise en place de centrale de réservations communes entre professionnels, ou par stations touristiques entières pour pouvoir présenter une offre globale de logements aussi complète qu’Uber. Sans tarder, pour ne pas se laisser définitivement distancer ».


Car si l’uberisation avance à grands pas, pour autant, il faut noter que la réalité du moment est que Airbnb devrait perdre 150 millions de dollars cette année et Uber... trois fois plus !


En vidéo : conférence sur l'ubérisation de l'économie

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